L’interaction avec un animal représente une expérience sociale importante sur le plan émotionnel pour la plupart des gens. Il a été décrit que le contact avec des animaux a des effets positifs sur la santé mentale humaine, mais la neurophysiologie de ce processus reste à comprendre. De nombreuses études ont rapporté qu'une interaction positive avec un chien réduit les niveaux de stress et entraîne une augmentation des substances neurochimiques associées à l’attachement et à l’appartenance. Dans cette étude de 2022, Marti et al, ont comparé l'activité cérébrale préfrontale d'hommes adultes en bonne santé lors d’un contact avec un chien et lors d’un contact avec un animal en peluche. Ils ont exploré deux hypothèses :
1.Une stimulation plus importante est corrélée à une activité cérébrale plus élevée.
2.L'interaction avec un chien entraîne une plus grande activité cérébrale que celle avec une peluche. Pour ce faire, 21 personnes en bonne santé ont participé à six séances chacune. Trois séances avec un chien, avec un niveau d'intensité croissant, et trois séances avec un animal en peluche, avec également un niveau d'intensité croissant. Les chercheurs ont mesuré l'hémoglobine oxygénée, désoxygénée et totale ainsi que la saturation en oxygène du sang dans le lobe frontal par spectroscopie optique proche infrarouge fonctionnelle afin d'évaluer l'activité cérébrale. L'activité préfrontale était augmentée lors des sessions où les sujets entraient en contact avec le chien ou un animal en peluche. Dans les deux cas, plus l’intensité du stimulus était importante, plus l’activité augmentait, ce qui confirmait l’hypothèse numéro 1. Les sujets ont eu des niveaux d'activité plus élevés en interagissant avec le chien qu'en interagissant avec la peluche. Ceci a confirmé l'hypothèse numéro 2. L'interaction avec un chien est connue pour aider les personnes à faire face au stress, à l'anxiété et à la dépression et des recherches supplémentaires sur ce sujet sont nécessaires pour aider à concevoir un éventuel système de thérapie assistée par l'animal. Le cortex préfrontal est particulièrement intéressant car il régule et traite les interactions sociales et émotionnelles. Des études ultérieures sont nécessaires pour mieux comprendre si cette activité cérébrale peut augmenter avec la familiarité et pour déterminer si les personnes souffrant de déficits socio-émotionnels peuvent obtenir les mêmes résultats. Marti, R, Petignat, M, Marcar, VL, Hettendorf, J, Wolf, M, Hund-Georgiadis, M, Hediger, K, Effects of contact with a dog on prefrontal brain activity: a controlled trial, 2022, PLOS ONE, 17 (10). DOI:
10.1371/journal.pone.0274833