Le SORB touche principalement les races de chiens à face plate, telles que les bouledogues anglais, les carlins et les bouledogues français. Il s’agit d’une maladie progressive qui peut entraîner une morbidité importante si elle n’est pas traitée. La présentation clinique peut varier : certains chiens tolèrent une obstruction légère, tandis que d’autres nécessitent une intervention chirurgicale pour améliorer leur qualité de vie. Reconnaître les signes indiquant la nécessité d’une chirurgie BOAS est essentiel pour assurer le meilleur résultat possible pour le patient. Cela constitue une compétence clé pour les vétérinaires exerçant en médecine générale des petits animaux. Les dix signes ci-dessous peuvent vous aider à identifier les chiens susceptibles de bénéficier d’une intervention chirurgicale SORB:
Signes courants indiquant qu'un patient a besoin d'une chirurgie SORB
1. Augmentation de l'effort respiratoire et stridor
L'une des principales manifestations cliniques de la BOAS est l'augmentation de l'effort respiratoire, souvent visible même au repos ou lors d'un effort minime. Les canidés atteints présentent généralement un stridor inspiratoire prononcé, indiquant une obstruction partielle des voies aériennes supérieures. Ce signe auditif est exacerbé par des facteurs de stress environnementaux tels que la chaleur, l'excitation ou l'activité physique.
La pathologie sous-jacente comprend souvent une combinaison d’un palais mou allongé, de narines sténosées, de turbines aberrantes et, dans les cas avancés, d’un affaissement du larynx. La turbulence des voies respiratoires entraînant l’inflammation et l’œdème secondaire des muqueuses, perpétuant un cycle d’obstruction progressive et de détresse respiratoire.
2. Intolérance à l'exercice
Les chiens souffrant de SORB présentent une tolérance limitée à l’exercice, souvent accompagnée d’un halètement excessif, d’une fatigue marquée et d’une réticence à marcher, même sur de courtes distances. Bien que les races brachycéphales soient intrinsèquement moins résistantes en raison de leur conformation anatomique, une intolérance prononcée, surtout dans des conditions tempérées, suggère une atteinte critique des voies respiratoires.
L’augmentation de la résistance inspiratoire entraîne des périodes de récupération prolongées après l’effort, les individus affectés adoptant fréquemment des comportements compensatoires, tels que le repos en décubitus sternal, afin d’optimiser le débit d’air.
3. Sensibilité à la chaleur
Les patients atteints de SORB présentent une sensibilité accrue au stress thermique en raison d’une thermorégulation déficiente. Le halètement, principal mécanisme de dissipation de la chaleur chez le chien, est fortement compromis par l’obstruction des voies respiratoires, prédisposant ainsi les animaux affectés à l’hyperthermie.
Ces chiens présentent fréquemment un halètement excessif, une respiration à bouche ouverte et des difficultés à maintenir leur équilibre thermique, même à des températures ambiantes modérées. Dans les cas graves, l’inefficacité des mécanismes de refroidissement peut précipiter un épuisement thermique ou un coup de chaleur potentiellement mortel, nécessitant une intervention urgente.
4. Bâillonnements, régurgitations ou vomissements fréquents
Une proportion significative de patients atteints de SORB présente un dysfonctionnement gastro-intestinal concomitant, se manifestant par des régurgitations chroniques, des vomissements ou une dysphagie. Ces signes cliniques sont souvent attribuables à un reflux gastro-œsophagien (RGO), à une hernie hiatale ou à une augmentation de la pression intrathoracique négative.
Secondaire à une résistance accrue des voies respiratoires, l’inflammation de l’œsophage, exacerbée par des régurgitations fréquentes, peut contribuer à un inconfort persistant et à une diminution de l’appétit. Les chiens présentant des signes gastro-intestinaux récurrents doivent faire l’objet d’une évaluation approfondie afin de déterminer l’étendue des problèmes concomitants.
5. Perturbation du sommeil et apnée
Le SORB entraîne souvent des troubles du sommeil, les chiens affectés adoptant des positions de sommeil atypiques, telles que la tête surélevée ou la position assise, afin de maintenir la perméabilité des voies respiratoires. Des épisodes d’apnée du sommeil, caractérisés par un arrêt transitoire de la respiration, sont fréquemment observés, entraînant un sommeil fragmenté et une léthargie diurne.
Les signes cliniques incluent un ronflement excessif, des réveils soudains avec halètement ou étouffement, ainsi qu’un effort respiratoire paradoxal au repos. L’hypoxémie chronique associée à l’obstruction nocturne des voies respiratoires peut prédisposer les chiens atteints à des séquelles systémiques, notamment des troubles cardiovasculaires.
6. Cyanose et épisodes d'effondrement
Une cyanose intermittente, visible par une coloration bleutée des muqueuses, est le signe d’une hypoxie critique et d’une décompensation respiratoire imminente. Ces épisodes sont souvent précipités par une augmentation de la demande respiratoire, en cas d’excitation, d’effort ou de stress.
Dans les cas graves, une oxygénation compromise peut entraîner une syncope ou un collapsus, nécessitant une intervention immédiate. Des épisodes cyanosés récurrents indiquent une obstruction profonde des voies respiratoires et nécessitent une évaluation diagnostique rapide afin de réduire le risque d’insuffisance respiratoire aiguë.
7. Sténose sévère des narines
Les narines sténosées entravent considérablement le flux d’air et contribuent principalement à l’augmentation de la résistance des voies aériennes supérieures chez les patients atteints de SORB.
Les chiens présentant une sténose nasale sévère adoptent souvent une respiration persistante par la bouche, un effort respiratoire exagéré et un stertor audible. La résistance nasale chronique nécessite une respiration orale compensatoire, ce qui prédispose les individus concernés à une dessiccation et une inflammation accrues des voies respiratoires.
Le traitement d’une sténose significative des narines peut apporter des améliorations substantielles à la dynamique du flux d’air et à la fonction respiratoire.
8. Affaissement du larynx
La résistance chronique des voies aériennes supérieures prédispose les individus affectés à un collapsus laryngé progressif, une séquelle grave du SORB non traité. Cette affection est classée en trois stades, les premières manifestations impliquant un affaiblissement du cartilage laryngé, tandis que les stades avancés conduisent à une obstruction quasi complète des voies aériennes.
Les signes cliniques incluent un effort inspiratoire progressif, un stridor prononcé et des épisodes récurrents de détresse respiratoire. Aux stades avancés, la perméabilité glottique compromise entraîne une obstruction potentiellement mortelle, nécessitant une intervention agressive pour restaurer la fonction respiratoire.
9. Absence d'amélioration grâce à des modifications du mode de vie
Bien qu’une prise en charge conservatrice (optimisation du poids, modification de l’environnement et traitement pharmacologique) puisse apporter un soulagement transitoire dans les cas légers, une détresse respiratoire persistante malgré ces mesures suggère une anomalie anatomique significative des voies respiratoires.
Les chiens présentant des signes cliniques réfractaires, notamment une dyspnée d’effort soutenue, des régurgitations chroniques ou des obstructions fréquentes des voies respiratoires, nécessitent probablement une intervention plus poussée afin de limiter la détérioration respiratoire progressive.
10. Aggravation progressive avec l'âge
Le SORB est un trouble dynamique, de nombreux patients présentant une exacerbation progressive des signes cliniques au fil du temps. La résistance chronique des voies aériennes précipite le déclin structurel et fonctionnel des voies aériennes, qui se traduit par une augmentation de l'effort respiratoire, une aggravation du stridor et des épisodes récurrents de collapsus. Les complications secondaires, notamment le collapsus trachéal et laryngé, aggravent la détérioration clinique. Une réévaluation régulière de la fonction des voies respiratoires est essentielle pour déterminer la trajectoire de la progression de la maladie et mettre en œuvre des stratégies thérapeutiques opportunes afin d'optimiser la santé respiratoire à long terme.
Éducation en SORB : l’importance de la formation chirurgicale avancée pour les vétérinaires de première ligne
Reconnaître les signes cliniques du SORB est la première étape pour optimiser la prise en charge de ces patients.
Bien que l’orientation vers un spécialiste soit souvent la meilleure option dans les cas complexes, les vétérinaires de première ligne peuvent renforcer leur capacité de décision et leur confiance chirurgicale grâce à une formation complémentaire et au développement professionnel continu.
Improve Veterinary Education propose une formation avancée en Chirurgie des Tissus Mous, conçue pour les cliniciens souhaitant perfectionner leurs techniques chirurgicales et approfondir leurs connaissances en chirurgie des animaux de compagnie.
Ce programme a pour objectif d’améliorer le niveau de connaissances et les compétences des participants, tout en favorisant une plus grande confiance dans la pratique chirurgicale et une familiarisation avec les techniques modernes.
Grâce à des opportunités de formation avancée comme celle-ci, les vétérinaires peuvent continuer à développer leurs compétences chirurgicales, améliorer la prise de décision clinique et contribuer à de meilleurs résultats dans le traitement de conditions chirurgicales complexes, y compris les cas associés au SORB.
Réflexions finales
Bien que le recours à un spécialiste reste souvent la meilleure option pour les cas complexes nécessitant une chirurgie, suivre une formation complémentaire, telle que la Formation Avancée en Chirurgie des Tissus Mous à Bordeaux, permet aux praticiens généralistes de renforcer leurs compétences chirurgicales, d’améliorer la précision et la sécurité de leurs interventions, et de gagner en confiance dans leur pratique quotidienne.
Sources d'information
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC6067768/#:~:text=BOAS%20is%20characterized%20by%20clinical,cyanosis%2C%20hyperthermia%2C%20and%20syncope.
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9673814/
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/38952039/
